FERMADAPT – Essais Trévarez – Pâturage hivernal des vaches laitières bio

2025 · Chambres d'agriculture

En bio, le pâturage hivernal améliore l’ingestion et la production laitière, sans dégrader les prairies. En élevage laitier biologique, l’autonomie alimentaire du troupeau constitue un enjeu central, tant sur le plan économique que technique. Si le pâturage est largement mobilisé du printemps à l’automne, la période hivernale reste plus complexe à gérer, notamment en raison de la qualité parfois limitée des fourrages conservés. Dans un contexte de changement climatique, les automnes plus doux ouvrent cependant de nouvelles perspectives, avec la possibilité de valoriser un stock d’herbe disponible en hiver. Cette fiche présente les résultats d’un essai conduit pendant trois hivers consécutifs à la station de Trévarez, dans le cadre du programme FERMADAT, visant à évaluer l’intérêt du pâturage hivernal pour des vaches laitières en agriculture biologique. L’étude compare deux lots de vaches en lactation recevant une ration hivernale identique à l’auge, l’un des lots ayant accès au pâturage pendant trois heures par jour. L’objectif était d’analyser les effets de cette pratique sur l’ingestion, les performances animales, le coût alimentaire et l’état des prairies. Les résultats montrent que l’herbe pâturée en hiver présente de bonnes valeurs alimentaires, avec des teneurs élevées en protéines et une valeur énergétique satisfaisante. En moyenne, les vaches ont ingéré environ 2,6 kg de matière sèche d’herbe pâturée par jour en seulement trois heures de sortie, ce qui a permis d’augmenter l’ingestion totale de la ration. Cette herbe hivernale contribue également à améliorer l’équilibre azoté de la ration, sans modifier sa densité énergétique globale. Sur le plan des performances, le lot ayant accès au pâturage hivernal a produit en moyenne 1,8 kg de lait supplémentaire par vache et par jour sur deux des trois hivers étudiés, sans impact sur les taux butyreux et protéiques, l’état corporel ou le poids des animaux. Ces résultats traduisent un effet positif du pâturage hivernal, à la fois technique et économique, avec une amélioration de la marge sur coût alimentaire dans les conditions de l’essai. Du point de vue des prairies, aucune dégradation durable n’a été observée au printemps suivant. Malgré des conditions climatiques parfois très humides, la pratique n’a pas pénalisé la pousse ni la composition des prairies, grâce à des temps de présence courts et des chargements maîtrisés. Le pâturage hivernal apparaît ainsi comme un levier pertinent pour valoriser l’herbe disponible en fin d’automne et renforcer l’autonomie alimentaire des élevages bio, à condition d’anticiper les contraintes d’organisation, d’équipement et de conduite quotidienne qu’il implique.

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Source : Plateforme R&D Agricole (ACTA) — CC BY-NC-SA 4.0. Usage non commercial uniquement.