Fermadapt Synthèse des groupes opérationnels – Groupes territoriaux

2026 · Chambres d'agriculture

À l’échelle d’un territoire, comment les agriculteurs bretons s’organisent collectivement pour s’adapter au changement climatique ? Le changement climatique ne se limite pas à des impacts à l’échelle de chaque exploitation agricole : il questionne également l’organisation des territoires, la gestion des ressources communes et les solidarités entre acteurs. Cette fiche de synthèse s’appuie sur le retour d’expérience de deux groupes territoriaux engagés dans le projet FERMADAPT, qui ont choisi de travailler l’adaptation au changement climatique à l’échelle collective d’un territoire agricole. Entre 2022 et 2025, les groupes territoriaux de Lamballe Terre et Mer et de La Roche aux Fées ont réuni des agriculteurs de productions variées – élevage, grandes cultures, volailles, porc, cultures spécialisées – partageant un même espace géographique. Leur objectif commun : mieux comprendre les évolutions climatiques locales, identifier les vulnérabilités des systèmes agricoles et réfléchir à des leviers d’adaptation mobilisables à la fois individuellement et collectivement. La démarche s’est construite autour de temps d’échanges, de visites de terrain et de rencontres avec des experts, des élus et des réseaux locaux. Les agriculteurs ont d’abord partagé leurs ressentis et leurs constats, notamment à la suite de l’été 2022, marqué par des températures élevées et un fort déficit hydrique. Réduction de la pousse de l’herbe, stress thermique des animaux, hétérogénéité des rendements, pression accrue sur la ressource en eau ou encore décalage des travaux agricoles : ces observations ont permis de mettre en évidence des enjeux communs à l’échelle du territoire. Le document met en avant plusieurs axes de travail prioritaires. La gestion de l’eau apparaît comme un enjeu central, qu’il s’agisse de réduire les consommations, de sécuriser les ressources ou de mieux coordonner les usages. Le maintien et la valorisation du bocage, l’agroforesterie et les aménagements parcellaires sont également identifiés comme des leviers majeurs pour réguler le microclimat, protéger les cultures et améliorer le bien-être animal. D’autres pistes concernent l’adaptation des systèmes de production, l’autonomie fourragère et protéique, la production d’énergies renouvelables ou encore l’amélioration de l’ambiance dans les bâtiments d’élevage. Au-delà des leviers techniques, cette fiche souligne que travailler à l’échelle territoriale pour s’adapter au changement climatique est un exercice à la fois nécessaire et exigeant. Construire une démarche collective suppose de trouver des enjeux réellement partagés, d’articuler intérêts individuels et actions communes, et de mobiliser durablement les réseaux d’acteurs locaux. La réussite repose autant sur la posture adoptée que sur les solutions techniques : accepter la concertation, le temps long et la recherche de compromis. Si cette approche est complexe, elle ouvre néanmoins des perspectives fortes pour renforcer les solidarités, mieux gérer les ressources communes et bâtir des stratégies d’adaptation cohérentes et opérationnelles à l’échelle des territoires agricoles bretons.

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Source : Plateforme R&D Agricole (ACTA) — CC BY-NC-SA 4.0. Usage non commercial uniquement.