Fermadapt - Impact du changement climatique et production avicole sur le relief breton

2025 · Chambres d'agriculture

Dans le cadre du programme FERMADAPT, la Bretagne et les Pays de la Loire ont été redécoupées en zones agro-climatiques homogènes. Au sein de ces zones, l'étude se concentre sur les principales productions agricoles, notamment la production avicole et analyse l'impact du changement climatique sur celles-ci (ici les hauteurs du relief breton). La production avicole, principalement composée de poules pondeuses et de poulets de chair en production conventionnelle sur le secteur des hauteurs du relief breton, est particulièrement sensible à la chaleur. Cette zone agroclimatique est actuellement la plus arrosée (1 150 mm/an) et la plus fraîche de la région (température moyenne annuelle de 11,5° C). Cependant, les projections climatiques (scénario pessimiste RCP8.5) indiquent un réchauffement notable et une amplification du contraste pluviométrique saisonnier. D'ici la fin du siècle (2070-2100), une augmentation de la température moyenne annuelle de +3,3°C est attendue à Rostrenen, accompagnée d'une baisse des pluies estivales conséquente (jusqu’à 25 %),. Le nombre de jours de chaleur (T° > 25°C) augmentera également de 37 jours/an d'ici la fin du siècle, tandis que la fréquence du gel diminuera de 14 jours/an. L'indicateur de stress thermique, l’Index Température-Humidité (ITH), est utilisé pour évaluer les risques. Les poulets de chair sont en stress thermique à partir d'un ITH de 66 (20° C à 55 % d’humidité). Selon les projections (RCP 8.5) pour la zone de Rostrenen, le nombre de jours de stress thermique sévère et très sévère (ITH > 73) augmentera de manière très importante. Ce risque de coup de chaleur sévère (à l'échelle de la Bretagne) devrait passer de 17 % en 2030 à presque 50 % à la fin du siècle. Sur la seule zone des hauteurs du relief breton, le nombre de jours à risque sévère est projeté à quasiment doubler entre 2030 (17 jours) et 2050 (environ 30 jours), pour atteindre 40 jours sur la période estivale en fin de siècle. Ces épisodes de forte chaleur auront des impacts variés sur les exploitations avicoles, allant d'un simple changement de comportement des volailles (halètement, déploiement des ailes) à une dégradation des performances zootechniques (baisse du GMQ et du poids à l’abattage, dégradation de la production et de la qualité d’œufs, fragilité des coquilles),. Dans les cas les plus intenses, de la surmortalité peut apparaître,. Il est crucial de se préparer en amont par des investissements à long terme et une adaptation de la conduite pendant les pics de chaleur.

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Source : Plateforme R&D Agricole (ACTA) — CC BY-NC-SA 4.0. Usage non commercial uniquement.