Les cochons Kune Kune dans les vignes, une alternative au désherbage

2025 · Chambre d'Agriculture du Rhône · fra

Dans le cadre du projet Duravitisol, une expérimentation menée pendant trois ans à partir de novembre 2023 a évalué l’utilisation de cochons Kune Kune pour le désherbage des vignobles très pentus et non mécanisables de la vallée du Rhône septentrionale. Les essais ont eu lieu sur deux parcelles en appellations Hermitage et Saint‑Joseph, particulièrement touchées par le chiendent, une adventice difficile à maîtriser. Contexte et objectifs Dans ces secteurs pentus (terrasses, dévers, sols caillouteux, fortes densités de plantation), le désherbage chimique reste encore très utilisé, faute d’alternatives efficaces. L’objectif du projet est de tester une solution de gestion des sols sans herbicides, plus durable et respectueuse de l’environnement, dans des situations qualifiées d’« impasses techniques ». Pourquoi les cochons Kune Kune ? Les Kune Kune sont des cochons originaires de Nouvelle‑Zélande, 100 % herbivores. Une particularité clé est qu’ils ne peuvent pas lever la tête à l’âge adulte, ce qui les empêche de s’attaquer aux parties aériennes hautes des ceps et leur permet de pâturer toute l’année, contrairement aux brebis.Méthodologie et suivi L’expérimentation s’est appuyée sur :des relevés floristiques avant et après le passage des cochons, des analyses de sol, des mesures agronomiques comme les pesées de bois de taille et l’analyse des sarments.  Elle s’inscrit en comparaison avec les itinéraires classiques de gestion de l’enherbement, identifiés via une enquête auprès de 25 vignerons du Rhône et de l’Ardèche (désherbage chimique, mécanique, tonte, interceps). Résultats et pratiques observées Le passage des cochons permet : un labour superficiel naturel jusqu’à environ 5 cm, sans danger pour les ceps, une bonne gestion de l’enherbement, avec consommation des graminées et racines d’adventices (ray‑grass, ortie, mauve, plantain, etc.), une régulation de la vigne par la consommation des pampres et repousses de porte‑greffes, la réduction d’au moins une intervention mécanique, notamment en sortie d’hiver. Avantages identifiés Désherbage efficace, avec une repousse des adventices plus limitée qu’avec des moutons, Adaptabilité à toutes les situations, y compris les pentes fortes, Gain de temps et de carburant via la réduction des passages mécaniques, Fertilisation naturelle potentielle grâce aux déjections animales.  Limites et contraintes Risque élevé de casse au moment du débourrement ou en saison, Obligation de retirer les cochons pendant les traitements phytosanitaires, ainsi qu’entre véraison et vendanges, Apport alimentaire complémentaire nécessaire, Besoin de parcs de grande surface hors période de pâturage en vigne, Possibilité de zones fortement retournées, dépendant de la génétique, de la ration et du terrain.  Cadre réglementaire L’utilisation de cochons implique un cadre strict : déclaration obligatoire de l’élevage dès un porc, respect des mesures de biosécurité (dont double clôture), prophylaxie sanitaire annuelle, désignation obligatoire de référents bien‑être animal et biosécurité avec formation associée.

JSON

Source : Plateforme R&D Agricole (ACTA) — CC BY-NC-SA 4.0. Usage non commercial uniquement.