Mise au point et évaluation de stratégies push-pull pour protéger les cultures légumières contre les thrips et les altises

2025 · CTIFL · fra

La recherche de solutions alternatives aux pesticides en production légumière est devenue une priorité de santé publique. Parmi les approches prometteuses, la stratégie « push-pull » repose sur l’utilisation de plantes de service ou d’huiles essentielles dont les composés organiques volatils (COV) perturbent l’installation des ravageurs ou limitent leurs dégâts. Son efficacité dépend toutefois du choix des espèces et des conditions biotiques et abiotiques. Cette étude visait à développer une stratégie de lutte contre les thrips (Thrips tabaci et Frankliniella occidentalis) et les altises (Phyllotreta spp.). Des essais d’olfactométrie en T ont d’abord permis d’évaluer le comportement des ravageurs face à différentes huiles essentielles et plantes de service, avant leur validation en plein champ sur poireau et chou de Milan. Sans odeur, T. tabaci et Phyllotreta spp. présentaient un comportement aléatoire, tandis que F. occidentalis restait majoritairement immobile. Les huiles essentielles d’oignon et de poireau se sont révélées attractives pour T. tabaci. Les huiles essentielles de thym et de coriandre ont montré un fort effet répulsif sur T. tabaci et Phyllotreta spp., mais un effet plus modéré sur F. occidentalis. L’huile de fenugrec et l’huile essentielle de tanaisie ont également présenté un effet répulsif significatif sur les altises, alors que l’huile de moutarde et l’huile essentielle de rose de Damas étaient attractives. Les essais au champ ont montré que l’association du poireau avec la rue officinale, la reine-des-prés ou la coriandre (plantes ou huiles essentielles formulées) réduisait significativement les vols et l’activité des thrips, sans toutefois diminuer les dégâts observés à la récolte. En culture de chou, les associations avec le fenugrec ou l’huile essentielle de coriandre n’ont pas réduit la sévérité des attaques, mais ont divisé par deux le nombre moyen d’altises capturées sur plaques jaunes par rapport au témoin (P < 0,05). Ces résultats montrent que la stratégie push-pull peut limiter l’activité des ravageurs, mais nécessite encore des optimisations pour assurer une protection efficace des cultures jusqu’à la récolte.

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Source : Plateforme R&D Agricole (ACTA) — CC BY-NC-SA 4.0. Usage non commercial uniquement.