Probabilité de contamination du lait par le parasite zoonotique Cryptosporidium spp. et pratiques à risque associées dans les élevages atteints de cryptosporidiose

2026 · ACTALIA · fra

En France, 88% des éleveurs laitiers rencontrent des problèmes de diarrhée infectieuse chez les jeunes veaux dont 54% sont dûs à la cryptosporidiose, une maladie zoonotique causée par Cryptosporidium spp. Des épidémies de cryptosporidiose humaines associées à la consommation de produits laitiers au lait cru ont été rapportées dans le monde et en France (2017, Nantes). Les objectifs du projet CryptoLait étaient donc : i) d’évaluer la contamination du lait dans des élevages atteints de cryptosporidiose ; ii) d’étudier les pratiques pour identifier des facteurs de risque de contamination. L’échantillonnage a été réalisé dans des élevages laitiers volontaires par des vétérinaires (SNGTV) intervenant pour des diarrhées néonatales associées à Cryptosporidium spp. Trois types d’échantillons ont été collectés, puis analysés par qPCR et génotypés (séquençage gp60) : fèces veaux diarrhéiques et adultes, lait. Une enquête a ensuite été menée dans les élevages afin de comparer les pratiques dans les élevages dits « positif » ou « négatif » en ADN de Cryptosporidium spp. dans le lait. Soixante-dix huit élevages atteints de cryptosporidiose ont été échantillonnés au moins une fois (2023-2025). Dans ce contexte, de l’ADN de Cryptosporidium a pu être détecté dans le lait (15,4% des élevages). Les élevages destinant leur production à la filière lait cru se sont avérés significativement moins fréquemment positifs que ceux en filière lait thermisé. L’espèce C. parvum est majoritairement détectée dans le lait (73%) et IIaA15G2R1 est le plus fréquent. C. parvum (97%) et le génotype IIaA15G2R1 (36%) sont également majoritaires chez les animaux. La variabilité génotypique observée dans le lait (n=6) et chez les animaux (n=20) indique de nombreuses souches circulantes. L’enquête a révélé plusieurs pratiques impactant significativement sur la contamination du lait : l’hygiène de traite et qualité de l’eau utilisée, les conditions de logement des animaux, et le type d’abreuvement des veaux. Très peu d’élevages en filière lait cru présentent une contamination du lait par Cryptosporidium, soulignant l’efficacité des pratiques rigoureuses mises en œuvre pour maîtriser la contamination du lait par les pathogènes d’origine fécale. La présence d’ADN de Cryptosporidium dans le lait ne traduit aucunement la présence d’un parasite infectieux.

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Source : Plateforme R&D Agricole (ACTA) — CC BY-NC-SA 4.0. Usage non commercial uniquement.